MAYI
(Paroles : Populaire / Musique : Benito Lertxundi)
J'ai versé de l'eau sur le chemin des sorcières
et, le soir de Pâques, j'ai reçu un pouvoir.
La nuit, je suis Mayi et le jour, un cerf
que les chiens de chez nous vont pourchassant.
-Jacques, où sont tes chiens ?
Je ne les devine pas
courant dans les sous-bois en quête de cerf.
-Jacques, rappelle tes chiens ; sauve ta sœur !
-Mère, comment croire que ce peut être Mayi ?
Jacques s'est mis à siffler pour rappeler ses chiens ;
ils ont tué le cerf tout de suite, à force de le mordre.
Jacques l'a mis en pièces, à l'aide de son coteau ;
Mayi pourra se rassasier avec nous.
-Dîne, dîne, Jacques ; moi, je suis là, première :
La marmite est pleine de mes chairs.
La mère, au fond de la salle, est éplorée :
Elle s'est fiché le poignard en plein cœur.
PRIMADERAKO LILIAK
(M. Labegerie - Donovan - B.L.)
Les fleurs du printemps
furent précoces à fleurir ;
cette année-là on célébra
la Pâques avant les Rameaux*
On nous a fait nous marier
quand tu m'avais à peine aimé(e) ;
On nous a fait nous marier
sans même que je t'aie aimé(e).
Lorsque nous nous sommes échangé
le joug qui unit pour la vie,
les cloches sont restées sans tinter
pourquoi je ne l'ai pas appris.
On nous a fait nous marier…
Les cloches n'ont pas carillonné
peut-être à Rome sont-elles allées ?
Elles n'ont pas été nos témoins
et ne seront pas ses parrains.
On nous a fait nous marier…
S'il existe un ciel quelque part
notre enfant en ange y a la sa place ;
Un ange au ciel, c'est ainsi,
mais notre nid est sans petit !
On nous a fait nous marier…
Mon cœur tremble de froid
en l'avenir tout mon espoir
que vienne bientôt le printemps
que tout fleurisse comme avant.
On nous a fait nous marier
il faudra bien cohabiter
on nous a fait nous marier
il faut arriver à s'aimer.
(*) Expression populaire signifiant qu'un enfant est conçu avant le mariage.
BIRIBILKETA - AHUENA
(B.L. - O'Carolan)
-Instrumental-
Monter
GOIZEAN GOIZIK
(Populaire - B.L.)
Debout de grand matin, à la pointe du jour,
je pris ma cruche et, m'en allai à la fontaine.
Un jeune homme coiffé d'un chapeau m'y suivit
et me demanda si je voulais de la compagnie.
Moi je lui répondis que je n'en voulais guère
car derrière la fenêtre de la salle guettait mon père.
J'eus beau dire que non, que père est aux aguets,
it prit la cruche sous mon bras et la porta.
Auprès de la fontaine, tours deux en tête à tête,
il me demanda encore : - « Quel est votre âge ? »
-Seize… Pas encore dix-sept,
pour me marier avec vous, je suis encore trop jeune.
Comme j'ai peur de retourner chez moi !
Je ne sais quel mensonge à ma mère inventer.
- « Demoiselle, voulez-vous que je vous apprenne
ce qu'à votre retour vous direz à votre mère ?
-Une jeune et jolie colombe qui vit la nuit
avait troublé l'eau ; j'ai donc tardé, mère. »
Puisque nous savons désormais que dire à notre mère,
posons là notre cruche, et amusons-nous bien !
Je pars pour l'Amérique de mon gré
dans l'espoir d'y vivre mieux qu'ici,
car je suis las de la vie que l'on mène ;
adieu père et mère, bonne santé !
-Moi j'ai déjà un fils parti en Amérique
il s'en était allé voilà six ans ;
si tu trouvais un jour quelque trace de lui,
dis-lui que son père est encore vivant.
Je bois café deux fois par jour,
je me promène à cheval chaque fois qu'il me plaît ;
le manger et le boire ne me font pas défaut, mais la santé...
si seulement, père, cette vie je pouvais la mener à Donostia !
URSUAKO KANTA
(Populaire - B.L.)
-Lève ta tête,
Jeanne, ma sœur.
-Je ne puis la lever,
Baptiste, mon frère.
-Il paraît que tu es enceinte,
Jeanne, ma sœur.
-A quoi l'as-tu reconnu,
monseieur mon frère ?
-On a mis pour toi
une selle sur le cheval !
-L'enfant qui de moi naîtra
sera de ta lignée !
L'Ursua* a sept fenêtres
toutes bien alignées ;
la fille de Lantaina**
à l'Ursua est gisante.
La morte de l'Ursua
est retrouvée à Santa Ana ;
elle avait quitté la maison
sans faire ses adieux.
Sept moulins récents
et huit palais blancs :
malgré tous ces biens
aller à l'Ursua, je ne veux point.
(*) Ursua : nom d'une montagne proche d'Hasparren.
(**) Lantaina : nom de la maison.
OI LABORARI GAIXUA -Manque dans l'édition du disque LP-
(Populaire - Olatz Zugasti)
Oh pauvre paysan,
tu manges toi-même ton propre maïs ;
tu amasses le blé et le maïs nécessaires à rassasier les fainéants ;
malgré tout, ils ne t'estiment guère plus que les bergers (n'aiment) le loup.
Oh habilité du tailleur de pierres !
Lui, assurément, il sait orienter ses pensées :
il bâtit mal le mur et comble ensuite les failles de boue ;
si la maison vient à s'écrouler, il va accuser la mauvaise qualité des pierres.
Le fabriquant de sabots
dérobe ses matériaux ;
il vend à douze francs la paire qui n'en vaut que six ;
ses gains il les mange au bistrot tandis que chez lui, sa famille meurt de faim.
IMOTZETIK ZIORDIARA
(Populaire)
-Instrumental-
Monter
Dame, cist vostre fins amis,
qui tout son cuer a en vous mis,
de vos amer est si sorpris
que de nuit et de jour est pris,
vos mande que sachiez de voir
qu'il vous aime sanz décevoir :
en vos amer n'a pas mespris.
BELATSARENA - BERETERRETXE
(Populaire) (Populaire)
De son lit, Bereterretxe
dit doucement à la jeune fille :
-Va voir s'il y a des hommes !
Aussitôt, et comme elle le vit,
la jeune fille lui répondit
que trois douzaines (d'hommes) arpentaient la rue d'une porte à l'autre
Aussitôt, monsieur le Comte
en vrai traître (dit) :
-« Bereterretxe, viens sur le seuil, tu retourneras sans tarder ! »
-« Mère, prépare-moi ma chemise
ce sera peut-être la dernière.
Tours les vivants se rappelleront cet après minuit de Pâques ».
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