Culture coton
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La culture du coton constitue la base de l'économie rurale et agro-industrielle au Bénin. Elle est pratiquée avec les cultures vivrières. Les exploitations sont de taille réduite.

Sa contribution, en termes de valeur ajoutée, est estimée à 13% du PIB. Elle occupe près de 300 000 exploitants et représente 90 %  (75% Verifier) des recettes d'exportation du pays.

Actuellement on estime à plus de deux millions le nombre de personnes qui vivent directement ou indirectement des activités liées à la production cotonnière au Bénin: le développement de la production du coton entraîne le développement de l’agro-industrie du Bénin avec la création de dix huit usines d’égrenage de coton, cinq usines textiles et deux huileries à base de graine de coton. Par ailleurs, de nombreuses activités économiques se sont développées avec la production cotonnière telles que : l’importation et la distribution des intrants agricoles, le transport, le transit, les assurances...  
La zone de culture est localisée principalement au nord du pays (régions du Borgou, du Zou, de l’Atacora, de l’Ouémé et du Mono).
Elle constitue un outil stratégique privilégié pour lutter contre la pauvreté, car elle assure les revenus monétaires à environ trois millions de personnes

   

Andrea

Mais le secteur du coton est en crise, et les producteurs ouest africains en sont les premières victimes. L’une des principales causes de l’effondrement des cours mondiaux sont les subventions que les pays riches accordent à leurs agriculteurs.

C’est l’histoire de la mondialisation appliquée au coton. Pas une simple démonstration théorique, mais une illustration concrète et dévastatrice.

D’un côté de la balance, aux États-Unis, trente mille producteurs, des champs de plusieurs milliers d’hectares chacun, gigantisme de l’ingénierie mécanique et course à l’engrais qui vont de pair.

De l’autre, au Mali, au Bénin, au Tchad et au Burkina, trois millions de producteurs, des parcelles miniatures, du coton récolté à la main, un travail d’artisan. Et comme arbitre, la Chine, le monstre mondial du textile, dont les achats de coton en importation déterminent le cours de la matière première pour les uns et les autres. Et qui n’a pas encore déterminé ses achats en importation pour l’année. « Le coton est la seule matière première à opposer en compétition directe quatre pays parmi les plus pauvres de la planète et les États-Unis »,

 

 

 


 

 

La filière cotonnière dans les pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre est confrontée depuis 1999/2000 à une crise sévère, qui s'explique par le niveau exceptionnellement bas des cours sur le marché international et la mauvaise gestion des structures en charge de la filière.

Durant la campagne 2000/01, les cours du coton se sont effondrés pour atteindre un prix plancher, jamais connu depuis près de 30 ans (35 cents/livre).  

Les recettes d'exportation ont donc fortement chuté provoquant une grave crise financière pour les États de la région et compromettant la rentabilité de la filière et les revenus monétaires des petits producteurs. Les pertes directes et celles indirectes, touchant les activités des biens et services aux producteurs s'élèvent à 1 milliard de dollars par an.  

La chute des prix a été due à la conjugaison de plusieurs facteurs (concurrence des fibres synthétiques, morosité de l’économie mondiale et rendements élevés en 2001/02). 

Mais la chute des prix a été aggravée par les subventions massives accordées aux producteurs de plusieurs pays industrialisés (États-Unis, Grèce et Espagne). Les États-Unis sont de loin le plus gros exportateur de coton et, bien que la Grèce et l’Espagne ne comptaient que pour 2,5% de la production mondiale, les subventions accordées aux producteurs de ces deux pays comptaient pour 16% des subventions mondiales en 2001/02. Les subventions accordées par ces trois pays s’élevaient alors à 4,5 milliards de dollars, ce qui représentait les trois quarts de la valeur des exportations mondiales. Ces subventions se sont élevées à près de six milliards de dollars US pour les Etats-Unis, l'Union Européenne et la Chine au titre de la campagne 2001/03.

Il est clair que des subventions aussi massives ont eu pour effet de déprimer les cours mondiaux et donc de réduire les recettes d’exportation des pays CFA qui exportent 95% de leur production cotonnière.  

Les statistiques ont montré que le coût de production d'un kilogramme de coton en Afrique est de 282 FCFA contre 570 FCFA en Amérique et 630 Fcfa en Europe, alors que le prix pratiqué sur le marché International est de 270 Fcfa/Kg.  N'eussent été les subventions à la production et à l'exportation, les producteurs du Nord n'auraient pu être compétitifs. 

D'après une étude citée par le Club du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest, si les subventions à la production et à l'exportation étaient supprimées, le cours du coton s'élèverait de 31 cents par livre.  

Ces subventions se traduisent par une perte considérable (plus de 200 milliards de Fcfa pendant la période 1999/01) de recettes d'exportation des pays producteurs Africains.  Pour ces pays, le coton représente près de 30% des recettes totales et 66% des recettes d'exportation agricoles.  Les pays qui ont accusé les pertes les plus importantes sont en particulier le Mali, avec près de 30 milliards de Fcfa, le Bénin, 20 milliards de Fcfa, le Burkina Faso, 17 milliards et le Tchad avec une dizaine de milliards.

 

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San anton Rodriguez


 

Missionnaire d'Afrique, responsable d'éditions au service des paysans du Burkina, je suis allé passer Noël à Boni : un village dont tous les habitants produisent du coton. J'ai été étonné de voir combien ils étaient peu informés de la situation (car cette année ils ont été payés grâce aux économies des années précédentes). A la fin toute l'assemblée est restée, et j'ai fait un véritable cours d'économie rurale et mondiale, devant une assemblée très attentive. Ensuite, quelques chefs de famille sont restés et nous avons continué notre réflexion. Tous étaient devenus conscients de la gravité de la situation, mais aussi très étonnés. Ils pensaient que les pays du Nord les aidaient à avancer, et voilà qu'ils découvrent une autre réalité.

   

Nicodème Biwando, chef de famille, a expliqué que s'il devait arrêter la culture du coton, il ne pourrait plus payer la scolarité de ses deux fils qui sont au collège. Même l'achat de médicaments pour la santé de sa famille deviendrait un problème. Puis, il a terminé en disant :

"Il faut dire aux Américains et aux Européens que nous sommes tous dans un même monde, ils sont des frères, nous avons besoin les uns des autres. Il ne faut pas qu'ils organisent leur travail (allusion aux subventions aux producteurs de coton) comme s'ils étaient dans un autre monde, à part. Leur façon de faire n'est pas bonne, puisqu'ils nous empêchent, nous, d'avancer. Qu'ils cherchent une solution, pour que tous ensemble, eux et nous, nous puissions avancer. "

En quelques mots simples, il traçait tout un programme pour nos hommes politiques: la mondialisation telle qu'elle fonctionne aujourd'hui n'est pas bonne, puisqu'elle exclut du monde des millions de producteurs dont la seule faute est d'être nés dans un pays pauvre. Parole de sagesse, qui interpelle les pays industrialisés au moment où il est prévu de relancer les négociations au sein de l'O.M.C. Il y a des formes d'aide à l'agriculture qui doivent être supprimées : celles qui étouffent les pays du Sud. L'aide aux producteurs de coton des Etats Unis et de l'Union Européerme en fait partie. Saurons-nous entendre l'appel de Nicodème Biwando, un des dix millions de producteurs de coton de l'Afrique de l'Ouest ?

Père Maurice Oudet
http://peres-blancs.cef.fr/coton.htm#4

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Bosco 


 

Quel avenir pour les producteurs de coton d'Afrique subsaharienne?

 

La décision prise par l'Union Européenne, en juin 2003, dans le cadre de la réforme de la PAC (politique agricole commune), de donner la priorité aux revenus des producteurs et non au soutien des produits, et l'application de cette décision aux secteurs de l'huile d'olive, du tabac et du coton, ont constitué un pas important dans la lutte contre les subventions cotonnières, même si le découplage de l'aide par rapport à la production demeure partiel.

L'initiative des quatre pays africains (Bénin, Burkina Faso, Mali et Tchad) présentée au Sommet de Cancún, en septembre 2003, a également enregistré quelques progrès en 2004. L'inclusion du coton, en juillet dernier, dans les grandes questions agricoles du cycle de libéralisation du commerce mondial lancé à Doha (Qatar) a suscité certes de grandes inquiétudes.

 La décision prise à l'OMC en novembre dernier de créer un Sous-comité chargé spécifiquement de la question du coton dans le cadre des négociations sur l'agriculture a en revanche constitué un grand soulagement

 

À l'issue de la sixième conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce qui s'est déroulée du 13 au 18 décembre 2005, la question du coton a fait l'objet de toutes les attentions. Les 149 membres de l'organisation internationale sont parvenus, pour le coton, à un accord stipulant la fin des subventions à l'exportation en 2006, la suppression des droits de douane et des quotas des pays les moins avancés et la nécessité d'éliminer les subventions internes à la production. L'ensemble de ces dispositions, qui seront mises en place au plus tard en 2013, augure un environnement plus favorable pour les filières cotonnières africaines. Toutefois que faut-il faire pour atteindre 2013 ?

Les prévisions intègrent la baisse tendancielle des cours et les évolutions des principaux paramètres du marché physique. La politique textile de la Chine continentale est certainement devenue déterminante, sur les cours du coton. L'importance et le comportement des autres pays émergents, comme l'Inde et le Brésil, interagissent également sur la formation du prix. Le prix du baril de pétrole aura également, à plus long terme, une incidence sur les cours par le renchérissement des coûts d'énergie nécessaire à la production et aux processus industriels.

L'atténuation voire la disparition des différentes subventions aura un impact conséquent sur les productions cotonnières américaines et européennes qui pourraient être amenées à disparaître. Dans cette hypothèse extrême, ce retrait se traduirait par une importante libération de parts de marché profitant aux pays émergents mais également aux pays les moins avancés.

Les pays de la zone franc n'ont pas pleinement bénéficié, comme la plupart des pays producteurs, des rebonds qui ont suivi les périodes de crise. Pour tenter de pallier l'effet d'amortissement et le risque de ne pouvoir bénéficier du retournement de tendance annoncé, les pays africains de la zone franc ont d'ores et déjà pris des mesures de réajustement du prix au producteur (qui est passé de 200 francs CFA en moyenne en 2004-2005 à 165 francs CFA pour la campagne 2005-2006). À ces niveaux de prix d'achat du coton graine, le revenu des producteurs africains est bien inférieur au seuil de pauvreté, tel qu'il a été défini par les organisations internationales

Il est avant tout indispensable et urgent, pour les filières cotonnières africaines de résoudre le problème des déficits engendrés par les niveaux de cours de la campagne 2004/2005 et de garantir au producteur le maintien d'un prix décent.

http://www.dagris.fr/

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Tania Isabel


    "Le lancement en mars 2005 du coton équitable, 11ème filière labellisée Max Havelaar, est une première à double titre. C'est la première filière labellisée hors alimentaire. C'est une première mondiale, la France étant pionnière pour le lancement des produits à base de coton équitable. Ce lancement marque également une étape essentielle dans l'avancée du commerce équitable en France puisque l'arrivée du coton équitable repose sur des marques connues et reconnues nationalement.

     

Le choix de créer un coton équitable est une réponse logique et responsable à cette problématique posée par les producteurs du Sud. Le coton équitable labellisé Max Havelaar ne prétend pas être, à lui seul, la solution universelle à une situation aussi critique. Elle vise néanmoins à apporter une réponse concrète à la crise.

 Le projet « coton équitable » a été initié par l'association Max Havelaar France et le Groupe Dagris, avec l'appui institutionnel et financier du Ministère des affaires étrangères français et du Centre pour le Développement de l'Entreprise, organisme paritaire de l'Union européenne et des pays Afrique-Caraïbe-Pacifique.

 Le coton labellisé Max Havelaar a reçu un écho immédiat auprès de 9 grandes marques : Kindy, Celio, La Redoute, Amor Lux, Cora, Hacot et Colombier, Eider, Hydra et TDV Industries."

http://www.maxhavelaarfrance.org/produits/coton.htm

 

Dans de nombreux pays d’Afrique, le coton joue un rôle économique de premier plan au niveau des exportations. Parallèlement, les problèmes liés à la culture conventionnelle dans les pays en voie de développement se rencontrent dans la plupart des pays Africains où les intoxications mortelles se multiplient. Les pesticides autorisés pour la culture du coton sont souvent utilisés pour la production des denrées alimentaires domestiques et deviennent ainsi la cause de troubles. La nappe phréatique est elle aussi contaminée par les résidus de pesticides qui nuisent, non seulement à l’homme, mais aussi aux animaux et aux plantes. De nombreux projets de culture biologique du coton ont vu le jour ces derniers temps dans divers pays pour offrir une alternative aux cultivateurs. Ces initiatives résultent souvent de l’organisation d’une coopération au développement, mais aussi d’entreprises privées dans le secteur du textile. La culture biologique du coton présente de nombreux avantages pour les cultivateurs, leurs épouses et leurs familles dans le cadre des communautés de village.

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Ramon Jorge